Avr 14 2013

Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographe

idees_fausses.jpgLes microstocks sont présentés comme les ennemis mortels des photographes professionnels. Autant je suis en plein accord avec la défense des droits des photographes face au vol de photos, à l’infâme mention DR, au problème des oeuvres orphelines ou aux concours pièges à gogos, autant rien de ce que j’ai pu lire sur les microstocks depuis des années n’a réussi à me convaincre que leur existence menaçait la profession dans son ensemble. Je me suis replongé ces jours-ci dans les divers écrits de l’UPP (Union des Photographes Professionnels/auteurs) et de plusieurs photographes et auteurs pertinents, comme Cédric Girard. Si j'ai bien compris les problèmes que posent les microstocks, notamment de type juridique avec la notion de "libre de droits", l'ampleur du danger qu'ils représentent pour la profession continue de m'échapper. J’ai donc décidé de participer au débat en proposant mon analyse. Comme j’imagine qu’elle doit être au moins partiellement erronée vu l'apparente unanimité contre les microstocks, j’espère que de la discussion jaillira la lumière.

Petit préalable pour éviter tout malentendu sur l’endroit d’où je parle. Je ne suis pas photographe professionnel en cela que ce n’est pas la photo qui me fait vivre. Je suis ingénieur, auteur (j’écris depuis 4 ans des livres pour Dunod et des articles pour Compétence Photo) et photographe (je vends quelques photos de théâtre quand on m’en demande). Par ailleurs, je n'ai aucun compte sur aucun microstock, ni en tant qu'acheteur ni en tant que vendeur. C'est donc un point de vue totalement extérieur et dépassionné que je propose ici.

Cela étant dit et avant de se hasarder dans une analyse, il faut établir quelques définitions, car dans tous les domaines bien des erreurs viennent de problèmes mal posés. Il faut aussi circonscrire le sujet afin d’éviter les hors sujet dans le débat : les questions juridiques ou les dangers, avantages et inconvénients des microstocks du point de vue de l’acheteur et du vendeur ne sont pas abordés ici. Le seul sujet examiné est celui de la menace qu'ils feraient peser sur les photographes professionnels.


1. Qu’est-ce qu’un photographe professionnel ?

La question peut sembler étrange, mais la réponse ne va pas forcément de soi. Si l'on fait exception des quelques domaines techniques (labos, etc.) où un diplôme est exigé, un photographe professionnel est simplement un individu ayant choisi de vivre d’une activité de photographe, ni plus ni moins. Comme il n’y a pas de numerus clausus dans le domaine photographique, tout le monde peut se faire enregistrer comme photographe professionnel. Si travailler en tant que salarié pour une agence, un groupe de presse ou une entreprise garantit un salaire régulier, le statut de free-lance garantit surtout l’aspect aléatoire des rentrées financières. Choisir d'en vivre ne signifie donc pas qu’on y parviendra.


2. Qu’est-ce qu’un microstock ?

L’amorce de la définition des microstocks donnée par Wikipédia est on ne peut plus claire :
Les microstocks sont des banques d'images différant des banques d'images traditionnelles par le prix de vente des images, généralement très inférieur aux prix pratiqués par les banques d'images traditionnelles.
Il s’agit donc bien d’un modèle économique dont le principe est de casser les prix. La suite de la définition précise un peu les choses :
Un microstock est une banque d'images en ligne permettant aux graphistes, aux photographes et aux vidéastes de vendre leurs créations pour un prix nettement inférieur aux banques d'images traditionnelles, car la fourchette de prix de vente se situe entre 1€ et 400€. Le créateur de l'image touche une commission allant de 20 % à 60 % du prix de vente, suivant les sites et suivant les cas.
Les microstocks, qui acceptent les images des amateurs comme des professionnels, sont évidemment une bénédiction pour les utilisateurs de matière première graphique. Si les tarifs bas ne signifient pas que les photos des microstocks sont mauvaises, elles n’ont pas d’âme, comme toute image privée de son contexte et de l’intention du photographe, et récoltent celle que leur impose l'acheteur (certaines images de microstocks ont ainsi des destins multiples et radicalement différents). Telle est donc la loi des microstocks : le nombre remplace la singularité du travail artistique, mais les vendeurs comme les acheteurs savent cela fort bien.


3. Qui est victime des microstocks ?

Les microstocks sont accusés de mettre en danger l’ensemble de la profession en vendant des photos à des prix unitaires dérisoires. L’une des raisons les plus souvent invoquées est le coût de revient d’une photographie prise par un professionnel, sans rapport avec ce que peut rapporter un microstock. S’il est une chose que l’on peut reconnaître sans problème, c’est bien cela. Comment lutter contre des amateurs pour lesquels le coût de revient est marginal, voire nul, ou contre des professionnels qui font de l’abatage dans des studios entièrement tournés vers l’alimentation des microstocks ? Le photographe professionnel dont la production se trouve en concurrence avec les contenus disponibles sur les microstocks est donc clairement en danger.
Mais qui est concerné au juste ? Lorsqu'ils évoquent la profession dans son ensemble, les protestataires occultent le fait que la situation est radicalement différente d'un domaine à l'autre de la photographie. Il suffit de se promener sur Fotolia, souvent cité du fait de son origine française, pour constater que la grande majorité des photos sont de type illustratif, ce que résume fort bien la page des photos les plus vendues. Les photographes de portrait sont-ils menacés par les microstocks ? Non. Les photographes de mariage ? Non plus. Les photographes de spectacle ? Pas plus. Les photographes corporate ? Encore moins. Les photographes de reportage ou de presse quotidienne régionale ? Toujours pas. Les photographes de mode ? Que nenni. En un mot, ce n’est pas sur un microstock que vous trouverez les photos de mariage de votre fille ou celles destinées au catalogue de vente de votre magasin.
Dans la pratique, c’est donc une petite frange de photographes qui est impactée, celle qui ne produit pas de photos originales au sens où on ne peut en trouver de semblables sur un microstock. En résumant beaucoup, on peut dire que seuls les photographes d'illustration sont directement et pleinement concernés. Ce n'est évidemment pas rien et je comprends fort bien leur désarroi, mais cela n'est pas suffisant pour évoquer une menace qui planerait sur l'ensemble de la profession.


4. Comprendre le problème

Sur le plan de la qualité technique des photos, les professionnels faisaient la différence jusqu’à une époque pas si lointaine. Désormais, celle des photos d’amateurs, en hausse continue, est souvent bonne et suffisante pour bien des usages, notamment celles des passionnés qui ont parfois un matériel que bien des photographes professionnels ne peuvent se payer. Ceux qui prétendent que les microstocks sont remplis de bouses à peine dignes de la corbeille sont à côté de la plaque, ou n’ont jamais vraiment regardé ce que l’on y trouve. Que bien des images n’aient aucun intérêt ou qu’elles soient le produit d’une dramatique absence de talent est un problème qui ne regarde finalement que l’acheteur.
L'acheteur... présenté régulièrement comme un traître à la corporation photographique. Mais pourquoi diable ferait-il appel à un photographe professionnel pour avoir une photo de la Tour Eiffel, d'un poireau ou d’un groupe de personnes anonymes alors que les microstocks en sont remplis ? J'avoue mal comprendre les levées de boucliers régulières contre les publicitaires qui font appel aux microstocks. Sauf à considérer qu’ils disposent d'un budget illimité ou qu'ils sont mus par un puissant élan philanthropique, ils n'ont pas de raison de recourir à du sur-mesure si le prêt-à-utiliser leur convient. Et pour aller au bout de cette idée, je ne trouverais même pas incohérent qu'un magazine défendant la photo et les photographes de talent aille à l'occasion puiser dans un microstock un graphique, un élément vectoriel ou une photo d'illustration.
Quel que soit le domaine, on ne s’offre les services d’un professionnel que s’il apporte une prestation unique ou à forte valeur ajoutée. La photographie n’échappe pas à la règle, et cela ne parvient pas à me choquer.


5. La dépréciation de l’image

De mon point de vue, les microstocks ne font qu’accélérer un processus en marche depuis l'avènement, puis la massification du numérique. La photo de qualité est devenue accessible au plus grand nombre et les solutions de partage se traduisent par des milliards d’images disponibles sur le web. Or, l'effet de nombre ne peut être sans impact sur la valeur des choses, et il est évident que celle de l’image a subi une forte dépréciation. On peut s’en navrer, mais la tendance est lourde et sans doute irréversible. Cette réalité concerne cette fois toute la profession, qui voit ses clients tirer les tarifs vers le bas. Tous les contenus multimédias disponibles sous forme numérique sont d'ailleurs touchés de semblable manière. Les microstocks, qui ont introduit le symbole délétère de la photo à 1€, n'ont pas arrangé les choses, mais pour autant il serait inconséquent de les accuser de tous les maux. La mutation numérique du métier a débuté bien avant l'arrivée du premier microstock.


6. Pour conclure

Les solutions pour enrayer le phénomène ne sautent pas aux yeux. L’invocation de l’exception culturelle pour soutenir la filière est difficilement défendable pour des photos d'illustration. S'attaquer aux microstocks est plus qu'illusoire s'agissant de multinationales. Insulter les amateurs qui les abondent, comme n'hésitent pas à le faire certains pros sur leurs blogs, est vain et totalement déplacé. Quant à d’éventuels barèmes minimums de prix pour les cessions de droits sur les oeuvres photographiques, l'idée n'est pas déraisonnable, mais elle me semble difficile à appliquer dans un secteur concurrentiel mondialisé (soit dit en passant, les demandes de régulation m’amusent beaucoup lorsqu'elles viennent de certains photographes qui affichent par ailleurs des idées ultralibérales). Enfin, la création d’un fonds de soutien numérique au profit des photographes professionnels dans leur ensemble me semble être une demande justifiée pour soutenir le métier dans la difficulté. En tant que membre du comité éditorial d’une petite maison d’édition et après avoir été pendant plus de 10 ans expert théâtre pour le ministère de la Culture (eh oui, j'ai de nombreuses vies parallèles), je sais combien les aides ponctuelles et les subventions conventionnelles peuvent aider à passer des caps difficiles et à produire des oeuvres qui n’auraient sinon jamais vu le jour. En revanche, il est à craindre qu'un tel fonds ne soit pas en mesure de résoudre le problème spécifique posé aux photographes illustrateurs, hélas pour eux.

Commentaires   

# Plein de bon sensjmax 14-04-2013 05:51
Tout ceci est plein de bon sens.
Tout d'abord, pourquoi l’État irait aider certains professionnels qui pour la plupart n'ont pas un diplôme d’État pour exercer leur profession ? Que l'Etat aide les coiffeurs diplômés, cela peut s'envisager, que l'Etat aide des photographes diplômés d'Etat, pourquoi pas mais sinon, cela n'est pas possible.
Un photographe professionnel doit produire des meilleures images qu'un amateur. Cela parait de bon sens et la loi de la concurrence fait que si une image dans une banque d'images ou une photo sous licence Creative Commons (sujet non abordé) convient au demandeur, il sera extrêmement difficile d'imposer un tarif, qui est plus est exorbitant.
Enfin, quand je vois tous les blogs sous Open Source des photographes professionnels, j'ai une pensée émue pour les éditeurs professionnels de blogs qui ne verront pas passer un sou. Pourquoi ne pas imposer l'usage payant de blogs venant d'éditeurs professionnels qui eux aussi ont le droit de vivre avec leur production ?
# RE: Plein de bon sensPatrick Moll 14-04-2013 06:12
Je ne crois pas que les tarifs pratiqués par les professionnels soient exorbitants, si on prend en compte tous les frais, mais c'est certain qu'ils n'ont pas grand-chose à voir avec ceux des microstocks.
Pour ce qui est des blogs, j'avais plutôt pensé aux encarts publicitaires. En tant que rédacteurs amateurs, les photographes pros qui mettent des pubs sur leurs blogs spolient les sites d'information professionnels... ;-)
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeGilles 14-04-2013 21:47
Entièrement d'accord avec les propos de l'article, pleins de bon sens et qui remettent les pendules à l'heure.

Rien à ajouter :-)

Gilles.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographePatrick Moll 15-04-2013 13:11
Plusieurs centaines de clics et seulement deux commentaires. Apparemment, mon article a jeté comme un froid. Pourtant, il n'a rien de polémique. Je pensais que cela ouvrirait un débat, mais le rapport aux microstocks semble relever du photographiquement correct. Je t'avoue que je suis assez déçu... :confused:
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeFrédy 15-04-2013 18:07
Bonsoir Patrick

Peut être simplement que la majorités des lecteurs sont en phase avec ton analyse, ou ne se sentent pas concernés, n'étant pas "vendeurs". Pour ma part c'est la première fois que j'entends parler de ces microstocks.

Cordialement.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeCyril 15-04-2013 15:44
Bonjour à tous,

La question aurait pu être posée comme ceci: comment lutter contre la concurrence déloyale ?
À l'heure du "presque tout gratuit" (ceci a déjà fait l'objet d'un récent article ici), on ne va tout de même pas se plaindre qu'une photo soit vendue à bas prix !

Le problème de l'acheteur est sans conteste d'acheter une image correspondant à son besoin au moindre coût. Et il n'y a pas que la photographie qui est concernée par cette triste vérité....

Alors que faire ? Une prime d'état ? Augmenter la valeur ajoutée en diversifiant et ciblant les offres de services ? Car c'est bien là la différence entre un amateur, si bon soit-il, et un pro. La capacité à fournir une offre différente et ciblée qui pourrait justifier un tarif plus important.

En tout état de cause, ce problème est bien posé et merci à Patrick pour cette réflexion.
# Point du vue intéressant!Marc 15-04-2013 15:51
Une très bonne analyse, il est vrai à contre-courant. Je retiens surtout la difficulté de revenir en arrière. A l'heure du tout "low-cost" il n'y avait pas de raison pour que la photo ne soit pas touchée un jour... Reste à savoir comment vont s'adapter les photographes pros. Je l'ai toujours dit: le talent, le service, la proximité feront certainement la différence et les places seront chères...

C'est dommage... mais c'est ainsi, je le crains..
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographegigi4lm 15-04-2013 19:02
C'est aux photographes professionnels (dont je suis) d'élever leur niveau de prestation et de service. Je sais, (oh que oui!)c'est de plus en plus difficile, le barre étant de plus en plus haute : moins de clients qui sont devenus plus exigeants (ce qui se comprend).
Dacia vend très bien ses Logan ou Duster mais n'empêche pas Ferrari, Bentley ou, soyons plus modeste, Audi ou Mercedes de bien vivre.
Vive le nivellement par le haut.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeGilles 15-04-2013 22:39
gigi4lm, j'apprécie ton commentaire et ta clairvoyance.

Bravo.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographePatrick Moll 16-04-2013 22:45
Là où les pros peuvent faire une grosse différence, c'est dans la maîtrise de la totalité du flux de production, pas seulement de la prise de vue. L'élévation du niveau dont parle gigi4lm passe par là. C'est en ça que le soutien à la filière est important, pour l'aider à s'adapter pleinement au numérique et à tous ses nouveaux outils.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeCyril 16-04-2013 14:20
D' accord avec les précédents commentaires.

Si l exigence toujours plus grande doit s'opposer aux lol cost, au prêt à consommer, alors chacun y trouvera sa place.

Mais Patrick signale que le bas prix ne signifie pas basse qualité.

Alors si l offre est multipliée, la clientèle l est aussi.
Pour un pro, cela signifie que ces travaux pourront rayonner au delà de la sphère locale. Vendre moins cher mais en plus grande quantité...

Les clients exigeants seront reconnaî tre le talent ...
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographeCocagne 21-04-2013 09:42
Je n'avais pas vu ce billet et ne dois pas être le seul.

C'est vrai que tu prends à contre-pied le discours officiel du petit monde de la photographie professionnelle mais sans exagération.

Les photographes ont à peu près les mêmes problèmes que les agriculteurs quand ils dépendent de coopératives qui n'en ont plus que le nom: Ils ne maîtrisent plus la vie de leur produit ni la phase où il croit en plus-value, ils fournissent une simple matière première et pourtant cette matière est créé avec un savoir faire unique et une implication de tous les instants. C'est sans doute sur ce point que les photographes se cabrent, ils sont atteints dans leur amour propre.
Les agriculteurs qui tentent de reprendre la main sur toute la chaîne de valorisation et de distribution de leurs produits on déjà réagit à cette problématique en se portant garant devant leurs clients de la qualité de leur travail les labels les terroirs les modes de cultures comme le bio sont autant d'arguments aux quels les consommateurs peuvent être sensibles.

Il en va de même dans d'autres mêtiers la photo d'illustration reste vide de sens par elle même comme une tranche de jambon sous cellophane est pleine d'eau salée.

Mais il est plus facile pour une organisation syndicale de crier au loup contre des entreprises qui ne les ont jamais fait travaillé que de pointer un doigt accusateur sur la presse qui ne produit plus de reportages dignes de ce nom
car la est le drame de la photographie moderne, c'était dans le reportage que le prestige des photographes se nourrissait c'était dans la vérité des photos hors celle ci est totalement bafouée par les éditeurs avec l'accord tacite des auteurs puisque ceux ci ont bradés leurs prérogatives en échange de carte de presse.

Le public ne croit plus les photos et celles ci passent donc du statut de document à celui d'illustration .

Quand au professionnels de la publicité de la mode ou de l'entreprise tout va bien merci pour eux ils n'ont jamais été si nombreux bien sur mais c'est parce que le tissus économique est totalement différent de ce qu'il était. il y a une banalisation de l'acte photographique professionnel c'est vrai mais il reste dans ces milieux une attente pour le geste talentueux qui lui est toujours aussi rare.

Le temps de Paris Match qui voyaient les amantes des photographes rouler en coupé sport et ceux ci se faire envoyer une voiture de maître par leurs clients reste dans les esprits mais il fut bien court et bien exceptionnel.
La photographie est d'abord un travail d'artisans qui sont tous des artistes en devenir mais qui prennent le risque de se dévaloriser en réduisant leur métier à son aspect alimentaire.
# RE: Idée fausse # 15 : les microstocks détruisent la profession de photographePatrick Moll 25-04-2013 00:56
Je trouve très pertinente ton analogie avec le monde agricole. Pour ce qui est des coupés sport, je crois quand même que cela concernait très peu de photographes, même à la grande époque... ;-)
# Vidéos les forçats du CybermondeDenis 16-01-2014 19:14
Sujet intéressant et d'actualité...

Deux vidéos en ligne illustrant par l'image les conditions de précarisation pour ceux qui veulent vivre de ce canal de distribution:

Les banques d'images, les forçats du Cybermonde Part.1 youtu.be/ivmtz8XyLGo

Les banques d'images, les forçats du Cybermonde Part.2
youtu.be/_aClPG3w41g
# RE: Vidéos les forçats du CybermondePatrick Moll 18-01-2014 17:46
Merci pour les liens, je n'avais pas encore croisé ces reportages. Ils montrent à quel point la mondialisation a très vite atteint son point extrême pour les contenus dématérialisés. Hélas, je ne vois pas bien comment on pourrait lutter contre cela. Demander à une entreprise de payer une image 10 fois plus cher est perdu d'avance... :confused:
# Enfin du bon sens.Bernardin 01-03-2014 14:43
Bonjour

Cet article, et c'est rare, est plein de bon sens.
Sinon que dire? Faire sa révolution? "Photographes de tous les pays unissez vous!"
Revenons à la réalité, si vous voulez être photographe ne faites pas Louis Lumière mais HEC ou l'ESSEC.. :roll:
# RE: Enfin du bon sens.Cocagne 01-03-2014 18:22
Ou le premier et l'un des seconds !
Il y a un bon dossier sur les photographes de mode dans le "M" le spécial de fin de semaine du Monde
L'art se porte toujours mieux quand il évolue dans une ambiance aisée l'étrange est qu'il ne s'y corrompt pas toujours.
# RE: Enfin du bon sens.Patrick Moll 06-03-2014 13:13
Si encore un passage par Louis Lumière était reconnu et valorisé... mais ce n'est pas vraiment le cas. N'importe qui peut se déclarer photographe professionnel, et c'est peut-être de là que vient le problème : on se déclare pro comme on se déclare artiste, ce qui n'engage que celui qui écoute...
# Bon article mais...AM photo 10-12-2014 17:46
Excellent article, tout à fait objectif en ce qui concerne le sujet abordé. Mais je ne suis pas d’accord avec tout et je persiste à penser que les microstocks sont un réel danger à certains métiers de la photographie, outre ceux appartenant la photographie sociale par exemple.

Je suis photographe professionnel et comme tout photographe professionnel qui ne dispose pas d’une réputation planétaire ou même nationale, je travaille avec une multitude de clients aux profils divers. Et il m’arrive de faire de la photo d’illustration destinées à des sites internet, par exemple. Lorsque je discute avec des entrepreneurs qui créent leur site internet qui me disent qu’ils vont aller nourrir leur site en images américanisées, standardisées, neutres et impersonnelles, je prends peur. Parce que je me vois obligé d’argumenter en faveur de leur différenciation, obligé de les sensibiliser au nivellement par le bas qu’est l’usage irréfléchi de ce type d’image, et je dois les convaincre, souvent en vain, de l’importance d’avoir des images qui non seulement leur ressemblent, mais qui parlent aussi à tous leurs partenaires (clients, fournisseurs, etc.). A l’heure où les effets de la mondialisation frappent de plein fouet l’achat de photos, je me bats tous les jours contre l’usage de ces photos qui tuent une économie locale, investie et collaborative.

Je ne sais pas comment vous fonctionnez mais personnellement, lorsque je vais sur un site internet marchand regorgeant de ce genre d’images, je fuis à toutes jambes.

Par ailleurs, il me semble important de souligner que les microstocks sont soumis à une sélection des images, comme cela est précisé dans les documentaires vidéos dont les liens actualisés sont https://www.youtube.com/watch?v=JW7k5q1kn58 et https://www.youtube.com/watch?v=bo69TS88cHg. J’imagine donc que lorsqu’il y a sélection, celle-ci est faite selon des critères précis et probablement listés quelque part sur un document officiel de la société gérant le microstock. Selon moi, cela conduit donc forcément à une standardisation des clichés.

Enfin, qualité d’image ne signifie pas que la photo soit de qualité. Je vois de superbes photos ratées qui sont d’une qualité d'image bien supérieure à mes photos réussies.
Les microstocks font bel et bien du tort à la profession de photographe parce qu’ils les cantonnent à un simple rôle de « faiseur de photo qu’on a pas besoin de voir » alors qu’un photographe professionnel s’attache, à mon sens, à produire une image ayant du sens pour son client parce qu’il lui a parlé avant et a compris son univers, ses produits, son intention…

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