Jui 09 2009

La photomacrographie #1 : introduction

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Les adeptes de la macro ont un grand avantage par rapport aux adeptes de paysages ou architecture : une simple plante, une fleur, une tige sont suffisantes pour faire de très belles photos. La photomacrographie ouvre une porte vers un autre monde, où un mètre carré de végétation permet une journée entière de photos... il suffit de se baisser un peu pour apprécier cet univers parallèle.

Pour profiter au maximum des innombrables sujets à votre disposition, un objectif macro est hautement conseillé. Pour notre monture, les focales disponibles en neuf ou en occasion (Sony et Minolta) vont de 50 à 200mm, plus un objectif très spécifique, le Minolta 1x-3x, qui ne permet que de photographier entre les rapport de grandissement de 1 fois à 3 fois. Il faut également y ajouter les objectifs de marques tierces (principalement Sigma et Tamron).

Il existe toutefois d'autres moyens pour atteindre le fameux rapport 1:1 (un objet de 1 cm ira occuper 1cm du capteur, sachant qu'un capteur APS-C ne fait "que" 2,6 cm de longueur !) : bonnettes, télé-convertisseurs, bagues allonge, bagues d'inversion, soufflets... Ces deux derniers accessoires ne sont signalés ici qu'à titre informatif car ils induisent méthodes de prise de vue moins "user-friendly" qui nécessitent des connaissances et un savoir-faire un peu plus poussés que les autres sans pour autant garantir de meilleurs résultats.
Bref, ce ne sont pas les moyens qui manquent et chaque type de compléments a ses avantages et ses inconvénients.


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Les compléments optiques dédiés à la macro

Les bonnettes sont des accessoires qui se vissent devant l'objectif, et réduisent la distance minimum de mise au point. Cela permet d'augmenter le grandissement de votre objectif, mais les éléments optiques supplémentaires vont affecter la qualité d'image (piqué, aberrations chromatiques).

Les télé-convertisseurs se positionnent entre l'appareil et l'objectif. Les amateurs de photo animalière connaissent bien ce complément optique qui permet de multiplier la focale de l'objectif. Rappelons qu'un convertisseur x2 multipliera également par 2 l'ouverture maximum du diaphragme et fera perdre 2 diaphragmes de lumière. Un 100/2,8 se transformera donc en un 200/5,6, ce qui n'est pas vraiment un problème en macro.

Le grand avantage de ce complément optique est de pouvoir doubler le grandissement tout en conservant la distance minimum de mise au point d'origine. Mais tout a un prix et un convertisseur peut causer des dégâts sévères sur la qualité d'image, ce d'autant plus que son coefficient sera élevé.

IMG02.jpgComme les convertisseurs, les bagues allonge se fixent entre l'appareil et l'objectif, mais elles ne possèdent pas d'éléments optiques : ce sont des tubes creux. Les bagues ne servent qu'à distancer l'objectif du capteur (augmentation du tirage mécanique) de façon à diminuer la distance minimum de mise au point. Sans éléments optiques additionnels, les bagues n'affectent théoriquement pas la qualité d'image. Hélas, aucune solution n'étant parfaite, si on ne perd pas de piqué, on perd beaucoup de lumière et le flash devra redoubler d'effort ! Signalons en passant que les bagues font perdre la possibilité d'une mise au point à l'infini, ce qui dans le cadre de la macro n'est évidemment pas gênant.

Bon, maintenant que vous êtes équipé, vous pensez sans doute être prêt pour aller à la chasse... Parmi les plus de 200.000 espèces de diptères ou 100.000 d'arachnides et autres bestioles qui horrifient la plupart des gens, il y en a en effet pour tous les goûts ! Mais... non, il reste encore beaucoup de choses à faire ou à comprendre avant de chausser ses bottes et d'enfiler sa tenue de camouflage... Quels sont les meilleurs réglages ? Flash ou pas flash ? Comment s'approcher des bestioles farouches ?

Et oui, la macro est un type de photographie fascinant mais complexe, et rien de doit être laissé au hasard.


Préparer son boîtier

Il y a deux modes de prise de vue à privilégier : le mode M (manuel) ou A (priorité ouverture). Pourquoi pas le mode S (vitesse) ?  Parce que l'ouverture est le principal moyen de contrôler la profondeur de champ (pdc) et il convient de ne pas laisser ce choix à un automatisme du boîtier.
Personnellement, le mode A me parait être parfait pour presque toutes les situations. Vous réglez l'ouverture souhaitée et le boîtier choisit la vitesse adéquate. Si vous avez peur que la vitesse choisie soit trop lente ou trop rapide, ou que vous voulez simplement tout contrôler, le mode manuel vous tend les bras.

Quid de la stabilisation ? Sauf à être sur trépied, laissez-la branchée : c'est un des grand atouts de notre système et il serait dommage ne ne pas en profiter.

Maintenant, la sensibilité (ISO). Évitez (comme toujours) de monter trop haut car le bruit affecte particulièrement les photos macro, et la perte de détails peut transformer une excellente macro en une photo ratée. Si vous utilisez un flash, le mieux est de rester à la sensibilité nominale de l'appareil pour avoir un maximum de dynamique, de contraste et de détails.

Passons à la mesure d'exposition. Il est difficile de définir une règle valable dans toutes les situations et il convient de décider au cas par cas. La mesure large est efficace mais vous pouvez avoir des cas difficiles... Sujet sombre sur fond clair ? Spock... euh... spot à la rescousse !

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On termine avec la mise au point. AF ou MF? Je vais être original : ça dépend... Je peux vous dire en revanche avec confiance qu'aux grandissements supérieurs à 1:1, l'AF devient un obstacle puisque, aussi sophistiqué soit-il, le boîtier ne sait pas où termine le sujet et où commence l'arrière-plan et il choisira un peu "au pif".  À moins de 1:1 et si le sujet est de taille raisonnable (par exemple libellule), et qu'il est bien contrasté ou se détache bien du fond, l'AF peut être utile.


Lumière, Flash, Diffuseurs

La lumière est l'élément le plus important en photographie. Une bonne macro a besoin d'une bonne lumière et pour cela, on ne peut pas toujours compter sur le soleil. Il vaut mieux avoir toujours un flash avec vous, même si c'est juste "au cas où".
Jusqu'à 1:1 et si le soleil est au rendez-vous, le flash n'est pas nécessaire, mais attention aux écarts de dynamique trop importants : la zone illuminée par le soleil sera bien exposée mais tout le reste sera très sombre.
À partir de 1:1, le flash devient quasi-indispensable. Et oui, en augmentant le rapport de grandissement, la perte de lumière devient conséquente et le flash sera votre meilleur ami, même en plein jour.

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Toutefois, le flash a lui aussi ses limites. Un flash spécial macro (annulaire par exemple) est très effficace, mais pour ceux qui n'ont qu'un cobra, il faudra probablement bricoler un peu. Et oui, la macro ne se fait généralement pas en studio et, très souvent, il y a des obstacles (feuilles, branches) entre le photographe et le sujet, ce qui peut bloquer partiellement - voire même complètement - le flash. Dans ce cas, votre photo sera sombre... très, très sombre.

Autre phénomène inattendu que vous risquez de rencontrer un jour ou l'autre : l'arrière-plan noir. Je vous rassure, ce n'est pas le signe que vous devez arrêter la macro. J'irais même jusqu'à dire que dans certains cas, un fond noir pourra être un véritable écrin pour votre sujet... mais c'est plutôt rare :-)
La présence de fonds noir n'est pas compliquée à comprendre : quand le rapport de grandissement devient important, la perte de lumière le devient aussi. Le flash devient alors la principale source de lumière et, sauf si vous utilisez des spots de studio alimentés par une batterie de voiture, votre flash n'aura qu'une très courte portée, trop courte pour illuminer convenablement l'arrière-plan si celui-ci est trop éloigné. Il existe heureusement des solutions : l'utilisation de réflecteurs ou d'un deuxième flash pour illuminer l'arrière-plan. La meilleure solution reste toutefois, comme souvent, la prévention. Lors de la préparation de la photo, essayez de cadrer de façon à avoir quelque chose derrière votre sujet, une feuille, une fleure, n'importe quoi du moment qu'il soit assez proche pour que le flash puisse l'illuminer.

Un autre problème très commun avec les flashes est la «lumière dure», phénomène dû à la petite taille de la source de lumière (le flash). Pour résoudre ce problème, j'utilise un diffuseur fait maison. Les amateurs de macro doivent savoir bricoler, c'est une règle. J'avais oublié de vous prévenir ? Oops... mais pas besoin d'être MacGyver, il faut juste être un peu créatif. Vous n'êtes pas du tout créatif ? Bah... la photo n'est peut-être pas le bon hobby. Essayez plutôt la collection de timbres ou le macramé... ;-)
Rassurez-vous, faire un diffuseur n'est pas très compliqué. Une simple recherche Internet vous donnera beaucoup d'idées si elles ne viennent pas spontanément. Le but étant d'augmenter la taille de la source de lumière, un grand diffuseur produira une lumière plus douce qu'un petit. Attention quand même : s'il est trop grand, il pourra être un obstacle... Le diffuseur peut toucher une feuille ou une branche et faire fuir le sujet. Croyez-moi, je connais bien le problème...
Pour la construction, évitez le plus possible les fuites de lumière. Un diffuseur n'est jamais parfait et une partie de la lumière du flash est toujours perdue, donc mieux vaut ne pas empirer les choses, surtout quand la fuite est à l'arrière du diffuseur et que le flash vous tape dans les yeux (je connais bien ça aussi !).
N'oubliez pas de recouvrir la surface intérieur avec du papier d'aluminium, c'est très efficace pour conserver un maximum de lumière.

Hormis les diffuseurs DIY (Do It Yourself), il y a une grande variété de diffuseurs commerciaux, à des prix plus ou moins correctes. À vous de voir ce qui vous convient le mieux...

C'est terminé pour cette petite introduction... la suite au prochain épisode ;-)

Commentaires   

# Kara 10-06-2009 12:11
Très bon article, on attends la suite.
Par contre, dans cette phrase:
"Pour notre monture, les focales disponibles en neuf ou en occasion (Sony et Minolta) vont de 50 à 200mm"
Il serait peut être bien d'y ajouter le 30 Macro qui va arriver sous peu.

Merci pour le boulot

Christophe
# Jeannot 15-06-2009 03:53
Ca donne très envie de faire de la macro, cet article, mais les objectifs macro sont chers.
Peut-on avoir de bons résultats avec des objectifs moins chers que les Sigma ou Tamron ?
Quelles sont les autres marques ?
Est-il possible d'utiliser des objectifs Minolta anciens ?
Merci d'avance.
# Fabien 15-06-2009 10:30
On peut utiliser les objectifs Minolta sans soucis. Les Minolta 50/2,8, 50/3,5 ou 100/2,8 font d'ailleurs le bonheur de pas mal de Sonyistes et ne sont pas rares sur le marché de l'occasion.
# Serge 17-06-2009 02:46
Salut Jeannot. Et oui, la macro est un monde à part!

Quand tu dis "Minolta anciens", tu parles des MC/MD? Si c'est ça, ils peuvent fonctionner, mais seulement avec une bague d'adaptation. Tout ceci fera l'objet d'un papier spécifique.

Mais comme Fabien l'a dit, il y a plein d'excellent objectifs d'occasion (à prix plus ou moins sympathique) qui nécessitent de bien moins de travail que les MD pour fonctionner correctement!
# Nicolas 01-07-2009 14:18
superbe article !!!
une intro qui permet de se souvenir des fondammentaux, pour moi qui commence à m'essayer à la macro (voir mon blog (www.nicolasgaire.com/)) c'est unrégal !
Et j'ai hate de lire la suite !!
bravo encore
# la macroJEAN-LOUIS 12-06-2010 12:28
bonjour
je viens vers vous car je suis un peu perdu avec tous ces forums, je posséde un nikon d300 et j'ai fais l'acquisition depuis peu d'un objecrif nikor 105 macro vr et voilà mon probléme:Pour grossir un peu plus mes photos je ne sais pas quoi acheter:tube allonge ou convertisseur???Je serais assez tentè par un convertisseur mais j'ai lu que certains nikon ne sont pas compatibles et de ce fait l'AF ne fonctionne plus???Pourriez-vous m' eclairer et m'aider pour ce futur achar s'il vous plait???
Merci encore
Cordialement
JENA-LOUIS

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