Fév 05 2009

Gimp : Un éditeur puissant, complet et ouvert.

gimp_accueil.jpgPhotoshop est utilisé par de nombreux photographes professionnels, aussi bien pour développer leurs raws (avec Camera Raw) que pour réaliser d'éventuelles retouches complémentaires. Mais Photoshop n'est, pour le moins, pas donné et une bonne partie des amateurs et des experts se tournent vers des solutions moins onéreuses.

Quand ils désirent agir de manière groupée sur la température de couleur, la netteté ou la réduction de bruit d'un groupe de photos prises en conditions identiques, en particulier quand ils réalisent leurs clichés en raw, la solution d'un logiciel dédié comme Lightroom, Aperture, Capture One, etc. semble incontournable. Ces logiciels étant eux-même assez onéreux, sauf à utiliser le logiciel offert avec son boîtier, il s'agit pour le photographe de définir des priorités dans son investissement financier.

Il peut alors envisager d'autres choix que Photoshop pour la retouche bitmap. Par exemple Photofiltre, alternative gratuite, didactique et performante à Photoshop Elements ou Paint Shop Pro (nous l'avons déjà présenté sur Alphanum). Ou encore Gimp, logiciel sous licence GNU GPL (donc gratuit), qui est probablement le meilleur candidat si le photographe a besoin de possibilités encore plus étendues. C'est ce dernier logiciel que nous présentons dans cet article.

Je tiens tout d'abord à préciser que cet article n'a pas vocation à être un descriptif exhaustif des possibilités offertes par Gimp, ce qui prendrait des centaines de pages. A l'occasion d'autres articles, nous proposerons des tutoriels sur des fonctionnalités particulières. Le but aujourd'hui est simplement de découvrir un logiciel qui mérite d'être essayé et approfondi quelques semaines avant d'investir une ou plusieurs centaines d'euros dans une autre solution...

Ce logiciel, en raison des ses multiples possibilités de personnalisation et de son ouverture aux modifications, est difficile à appréhender pour un débutant en retouche photo. C'est pourquoi je ne m'étendrai pas sur la partie pratique, considérant que le lecteur a déjà au moins utilisé Photofiltre, mais plutôt sur "où et comment" obtenir Gimp, les greffons, les aides et didacticiels, le tout étant rarement disponible à la même adresse en Français... Nous allons tout de même débuter par une présentation visuelle rapide du logiciel afin d'en avoir une vue d'ensemble.


1) L'interface

Tout comme Photoshop ou Paint Shop Pro, l'interface de Gimp est constituée par 3 zones principales : les outils à gauche, l'image à traiter au centre et les calques à droite. Toutefois, une grosse particularité ergonomique peut parfois perturber lors de la première utilisation : ces trois parties sont des fenêtres indépendantes les unes des autres, et redimensionnables à volonté. Ainsi, au premier démarrage, on aperçoit le bureau en arrière-plan entre les fenêtres, ce qui est déstabilisant. Néanmoins, ceci permet d'adapter visuellement le logiciel à ses préférences, voire de modifier les fenêtres affichées en permanence : rien n'empêche d'ajouter, via le menu "fenêtres" une ou plusieurs des 24 disponibles... Voici un aperçu des trois fenêtres de base :

bureau_gimp.jpg

Nous voyons que, si la présentation n'est pas strictement identique à celle de Photoshop, la logique reste la même : les interventions sur les photos se font soit via les menus du haut, soit via les calques. Le système de couleurs d'avant et arrière-plan est identique, ainsi que les brosses et l'historique.

L'ouverture d'une image se fait simplement par la commande "Fichier ; Ouvrir" ou [Ctrl-O]. Apparaît la fenêtre suivante :

gimp_ouverture.jpg

Il est important de la présenter pour deux raisons :

- On voit que la sélection apparaît sous forme de liste et non pas de table lumineuse. L'aperçu apparaît seulement sur l'image sélectionnée dans la liste. Une toute petite vignette apparaît à gauche du nom, mais il est difficile de distinguer des photos similaires. Il est évident que Gimp n'a pas vocation à cataloguer les images mais seulement à les retoucher.
- Les fichiers RAW et JPEG apparaissent de manière similaire. Gimp, équipé du greffon UFRaw, sait en effet ouvrir tous les fichiers RAW Sony, A900 y compris.


2) Le traitement des raws

A l'ouverture d'un fichier RAW, UFRaw est lancé automatiquement :

gimp_ufraw.jpg

C'est un dématriceur complet sous forme de greffon destiné à régler exposition, balance des blancs, saturation, espace colorimétrique et autres avant la retouche. Lorsqu'on appuie sur "Valider", le fichier RAW est directement ouvert par Gimp, sans conversion en TIFF ou JPEG. Tout cela fonctionne de manière similaire à Camera Raw dans Photoshop.
Nous nous retrouvons avec la photo affichée dans la fenêtre de travail principale, comme s'il s'agissait d'un JPEG :

gimp_bureau_image.jpg

Les interventions sur l'image se font ensuite comme dans les logiciels concurrents, sans difficulté particulière ou spécificité. Les dernières versions de Gimp (2.6.4 aujourd'hui) ont adopté une interface et des termes techniques très proches de Photoshop, facilitant ainsi l'adaptation.

En revanche, comparer directement Gimp et Photoshop CS est problématique : l'un est un programme communautaire gratuit et très ouvert, l'autre a de par son prix (voisin du millier d'euros) l'obligation d'introduire des fonctions inédites et d'une qualité parfaite, souvent disponibles avec un temps de retard chez le concurrent...
Par exemple Photoshop CS4 est totalement utilisable en mode 16 bits, utile pour ne pas perdre de nuances lors d'une forte retouche sur un fichier RAW. Gimp de son côté ne prend en charge que très partiellement le codage colorimétrique en 16 bits depuis la version 2.6, et seulement pour certaines fonctions. La compatibilité totale est promise pour la version 3, avec donc le fameux temps de retard...


3) Gimp : un logiciel ouvert

Le principal argument de Gimp est ailleurs : c'est un logiciel ouvert, ce qui veut dire que tout un chacun peut créer les fonctions dont il a besoin et en faire profiter les autres. C'est le système des "greffons" (plug-in en fenchy !), pouvant prendre plusieurs formes :

- Création d'automatismes directement dans le programme, à la manière d'un script Photoshop. Ce système facile à utiliser, nommé "Script-fu", permet d'ajouter des traitements simples et répétitifs comme des recadrages, des conversions en noir et blanc, etc.

- Programmation en langage externe (Python, Perl, TCL, etc.) d'un module indépendant pouvant être appelé directement par Gimp. Ceci permet des fonctionnalités beaucoup plus étendues : tout est imaginable et directement utilisable par le logiciel. UFRaw fait partie de cette catégorie : ce greffon peut être lancé indépendamment, mais le fait d'ouvrir un fichier RAW depuis Gimp le lance automatiquement. Une fois le traitement effectué, on repasse de manière transparente dans Gimp.

Vous trouverez en fin d'article une liste de greffons utiles pour débuter.


4) L'installation de Gimp et des greffons

L'obstacle à l'installation et à l'utilisation de Gimp tient paradoxalement à son ouverture : tellement de sites le proposent qu'il devient difficile d'obtenir une version française complète, avec l'aide contextuelle et le greffon UFRaw. De plus la version Windows n'est pas fournie directement par les développeurs et il est pratiquement impossible de l'installer facilement et rapidement par les portails habituels. C'est pourquoi je vous oriente vers un site de passionnés qui propose un package "tout-en-un" idéal pour découvrir Gimp Windows : le logiciel, une aide contextuelle intégrée accessible par [F1] lorsqu'on pointe une îcone, le greffon UFRaw (ainsi que des dizaines d'autres), le logiciel Maringouin (complétant The Gimp et permettant les captures d'écran, la lecture d'Exif etc.., le tout étant installable sur disque dur, clé USB ou CD :


Une fois le téléchargement terminé, il suffit (comme indiqué sur le site) de décompresser le dossier reçu et ensuite de lancer "gimp_en_français_disque_dur" situé dans le dossier "gimp_2_6_4". Le logiciel, autonome sous cette forme, se lance sans installation. S'il manque des composants (langages informatiques...) sur votre PC, le logiciel vous le signalera, vous signalera les conséquences prévisibles et vous indiquera à quelle adresse Internet vous les procurer. En général un tel manque ne fait qu'empêcher le démarrage de certains greffons, écrits dans un langage non géré par votre système d'exploitation.
Rien ne vous empêche de créer un raccourci sur votre bureau pour faciliter les démarrages ultérieurs.

On peut discuter l'ergonomie de l'aide de cette version ou la pertinence du choix des greffons fournis. Toujours est-il que l'on dispose ainsi d'une suite complète et autonome, idéale pour une prise en main du logiciel, avec une aide sous forme de tutoriel incluant les greffons fournis.

Ce site propose aussi l'aide tutorielle sous forme de PDF, plus de 400 pages quand même mais passionnantes, chose intéressante pour les utilisateurs de Mac ou sous Linux qui ne trouveraient pas de version complète avec aide en Français :

Cette aide est la même que celle intégrée dans le téléchargement précédent.

Voici une liste de greffons utiles, tous provenant du site Gimp.org. Cliquez sur les liens suivants pour les enregistrer directement:

Fx foundry script pack : une centaine de scripts variés, à essayer avant de chercher ailleurs...
G'MIC toolbox : filtres artistiques.
Wavelet Sharpen : filtre d'accentuation.
Wavelet Denoise : filtre antibruit.
Bump text - Watermark : signez vos images avec un "watermark".
Filtered BW : conversion en noir et blanc avec des préréglages correspondant aux filtres utilisés en argentique.
DustCleaner : un efface pétouilles automatique.

De nombreux autres sont disponibles, bonnes recherches sur ce site !

L'utilisateur de Gimp ne pourra éviter le passage régulier sur le site des créateurs, à la recherche de nouvelles versions et de nouveaux greffons :

Site en Anglais

Site en Français, moins complet mais avec un petit forum bien pratique et une description de quelques greffons dans notre langue.

Enfin, voici deux liens pour télécharger les versions correspondant à d'autres systèmes d'exploitation :


5) Conclusion

Je conclurai en rappelant que si ce logiciel est sous licence GNU, donc gratuit et d'usage libre, il est possible d'encourager le travail des développeurs si l'on devient utilisateur régulier et satisfait du logiciel :

Deviendrez-vous familiers de Wilber, la malicieuse mascotte de Gimp ? wilber.jpg

Commentaires   

# Je suis surpris pas la teneur de l\'introductionJean-michel 06-02-2009 00:20
Autant je pense qu'il est important de faire un papier sur le très bon outils qu'est Gimp, autant je trouve regretable le ton des 2 premiers paragraphes qui surprise ne parle que de photoshop !
1/ ce n'est pas un service a rendre a gimp que de commencer par le positionner uniquement en regard de Photoshop.
2/ L'argument contre le workflow de masse vis à vis de Photoshop est discutable (Camera Raw permet de dématricer plusieurs photos guère moins vite que Lightroom) mais surtout (et l'article ne démontre pas le contraire) le worflow Cameraraw/Photoshop est le même que Ufraw/Gimp !!!! S'il y a des différences entre Gimp et Photoshop elles ne se situe pas du tout à ce niveau.

Reste que cette remarque (sur une partie mineure de l'article) passée le reste de l'article est clair et précis
# Patrick 06-02-2009 02:19
Jean-Michel,

ce que veut dire Julien dans l'intro, c'est que quand on shoote en raw on utilise le plus souvent un logiciel dédié comme Lightroom, qui coûte déjà assez cher cher. Si on doit ajouter le prix de photoshop pour la partie retouches bitmap, ça devient une ruine pour la plupart des gens. Et c'est là que Gimp se positionne comme une alternative gratuite et performante.

Il présente bien évidemment la capacité de Gimp à développer les raws, mais seulement comme une possibilité supplémentaire, pas comme un argument majeur. C'est clairement la partie bitmap qui est défendue ici.

Comme visiblement cela n'apparaît pas clairement, nous venons de modifier l'introduction. Nous allons en rediscuter entre nous demain et d'autres modifications seront peut-être effectuées.

Merci Jean-Mi :-)
# Une petite rectification sur les greffonssamj 10-02-2009 00:25
Bonjour,

Merci pour votre article.

Petite rectification :
Pour télécharger des greffons il n'est pas nécessaire de s'enregistrer sur Gimp.org , il suffit de suivre les liens de téléchargements.

Cordialement.
# Merci de la précisionJulien 12-02-2009 10:12
Effectivement, l'inscription n'est obligatoire que pour proposer des greffons à la communauté, et non pas pour les télécharger. J'ai modifié l'article en conséquence.
# greffonscaron 11-10-2009 20:28
Bonjour,
Je suis un grand nul et après avoir telecharger un greffon,je fais comment?
Je le decompresse et après....
Merci de me renseigner.
# Julien 11-10-2009 21:49
Si le greffon est un script-fu, il faut après décompression le copier ou déplacer (sous Windows) dans :
Documents and settings / nom d'utilisateur / gimp 2.6 / scripts

Si c'est un plug-in :
Documents and settings / nom d'utilisateur / gimp 2.6 / plug-ins

La différence entre les 2 : un script est directement lu par Gimp et fonctionnera du moment qu'il est compatible avec la version de Gimp installée (comme un script Photoshop).

Un plug-in est un programme indépendant appelé par Gimp (Comme UFRaw dans l'article ici ou Camera RAW pour Photoshop), ce qui signifie qu'il pourrait ne pas fonctionner si le langage informatique nécessaire à sa lecture n'est pas installé (Python ou Pearl par exemple, comme indiqué dans l'article). Dans ce cas, une rapide recherche sur le web permettra d'installer le nécessaire :wink:
# Gimp est portable !!Martin 02-01-2012 23:43
A noter aussi, un point très important pour moi, que GIMP (autant que pleins d'autres logiciels libres comme photofiltre, xnview ou irfanview) existe en version portable pour Windows sur portableapps.com ou sur framakey.org

Très pratique, on configure une fois bien la version portable puis on peut la copier sur une clé USB, un autre ordinateur, etc.

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